Les Contes d’Hoffmann à l’Opéra Monte-Carlo

Le mercredi 31 janvier, la salle Garnier était archicomble pour la dernière représentation de cet événement artistique attendu impatiemment depuis son annonce.

Pensez, trois prise de rôle le même soir dont celle du ténor vedette du moment et une seule cantatrice pour interpréter les trois rôles féminins !

Chose rare, sur les marche du casino des gens brandissaient des pancartes proposant de vous racheter à tout prix les places qu’ils n’avaient pu obtenir ! C’était la dernière des quatre représentations et tous les fans de Juan Diégo Florez s’étaient donnés rendez-vous à Monaco pour l’entendre débuter dans le rôle-titre.

On attendait beaucoup du ténor argentin et disons le de suite il s’est montré largement à la hauteur de cette attente, des aigus magnifiques (il rajoute même un contre-ut à la fin de de l’air de Kleinzach), une diction parfaite, et une clarté dans la voix qui en font désormais un « Hoffmann » incontournable ( « La légende de Kleinzach » ).

Mais la grande découverte de cette soirée c’est la belle et talentueuse soprano russe Olga Peretyatko qui prenait un risque énorme en interprétant les quatre rôles féminins dont les tessitures vont de la colorature – Olympia ( « Les oiseaux dans la charmille » )-  à la soprano lyrique – Antonia – puis à la soprano dramatique – Giulietta -, et elle s’en tire avec brio, nous donnant même avec Florez un duo ( « C’est une chanson d’amour » ) d’une délicatesse qui restera longtemps dans nos mémoires. Son interprétation dramatique est à la hauteur et elle incarne parfaitement les trois héroïnes romantiques : La jeune fille innocente , la jeune femme malade ( « Elle a fui la tourterelle » ) et la courtisane.

Il faut enfin noter la performance de la basse française Nicolas Courjal qui réalise une prestation remarquable incarnant les quatre diables d’une façon maléfique à souhait et qui récolte au final une part bien méritée des ovations ( « Scintille diamant » ).

Les rôles secondaires sont à l’avenant en particulier le Nicklausse campé par Sophie Marilley ( « La barcarolle » ) et l’excellent Rodolphe Briand dans les quatre valets. Une mention spéciale pour Christine Solhosse particulièrement impressionnante en spectre de la mère d’Antonia.

La mise en scène de Jean-Louis Grinda est simple et élégante, les décors mettent bien en relief l’aspect « théâtre dans le théâtre », les chaises de la taverne du prologue s’écartent mais restent sur le côté laissant la place pour des panneaux ou des ombres chinoises vont illustrer les contes avec quelques accessoires, et ou un grand revêtement de plastique vient symboliser l’eau de la lagune dans l’acte de Venise.

Jacques Lacombe dirige avec énergie l’orchestre philharmonique renforcé par la harpiste Sophia Steckeler et le violoncelliste Thierry Amadi et comme d’habitude le chœur est admirable de justesse et de précision ( « la valse » ).

En conclusion c’est une soirée magnifique à laquelle j’ai eu la chance d’assister et qui laissera dans nos mémoires un souvenir indélébile.

La représentation était diffusée en direct sur Mezzo Live TV et peut être revue sur CultureBox ou sur Youtube.

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